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CASERNES ET CHATEAUX

La naissance du Château au XIème Siècle

C'est Guillaume, septième duc de Normandie, encore dénommé le Bâtard avant de devenir le Conquérant, qui vers 1050, donne le vrai départ à la ville de Caen.
Lorsqu'en 1066, Guillaume le Bâtard, né à Falaise des amours illégitimes de Robert le Diable et d'Arlette, fille d'un tanneur, devint Roi d’Angleterre, il fit édifier le Château. Il fit de la ville de Caen et du château sa résidence favorite. Aujourd'hui encore, les vestiges du château couvrent une étendue considérable. Avec ses 5 hectares, il est l'une des plus grandes enceintes castrales de France.

Le château, ancienne cour de justice, côté sud
Construction du XIème siècle



Les premiers éléments d'une grande forteresse se mettent en place rapidement sur la colline qui domine la vallée marécageuse où coule l'Orne. Implanté sur une roche de 30 mètres à peine au dessus du niveau de la mer, il offre un magnifique panorama sur la "Ville aux Cent Clochers". A l'époque, le château dominait les deux vallées de l'Orne et de l'Odon. Grâce à son escarpement à pic, le château possédait une fortification naturelle à l'est.


L'accès au château se fait par le nord, où l'on a découvert les vestiges d'une tour, vraisemblablement une tour-porte, incluse dans un bâtiment de plan carré, percée au rez-de-chaussée d'un passage voûté. Cette tour était l'élément militaire le plus important du dispositif de défense à l'époque de la création du château

L'évolution du Château au cours des siècles

Après sa conquête de la Normandie, Philippe Auguste (1165-1223) veut tout à la fois apposer la marque de son autorité et de sa puissance et renforcer ses places militaires. Un large fossé complète ce dispositif défensif. Les fossés du château de Caen n'ont jamais contenu d'eau. Leur profondeur suffisait à défendre cette forteresse, qui ne fut d'ailleurs jamais prise d'assaut.

La tour-porte du nord disparaît, et est remplacée par une tour "la Porte des Champs" ou "Porte de Secours" aux formes circulaires. Cette tour est toujours debout.

Un deuxième fossé doublant le premier en direction du nord complète le dispositif. Deux tours rondes sont construites pour commander le raccordement avec l'enceinte du château aux remparts de la ville.

La défaite de 1870 va entraîner une réforme en profondeur du dispositif militaire français. Le château reprend du service et se retrouve caserne du prestigieux 36ème Régiment d'Infanterie de ligne, héritier du régiment d'Anjou créé en 1671 par Louis XV. Sur son drapeau de nombreux titres de gloire : Jemmapes (1792), Hondschoote (1793), Zurich (1799), Austerlitz (1805), Iena (1806), avant d'y ajouter la Marne, l'Artois, le Chemin des Dames, Verdun. En 1940, le 36ème RI fait partie de ces unités qui sauvent l'honneur dans la débâcle. Parmi quelques uns de ses plus illustres soldats, citons le Général Koenig, engagé volontaire en 1914 au 36ème RI.



Le désartre de 1944

Le 5 juin 1944, le château de Caen est toujours intact. Pour son malheur il sert de casernement à des soldats allemands et se trouve inscrit dans le cycle de bombardements prévus par les anglo-américains. A l'aube du 6 juin 1944, un déluge d'obus et de bombes s'abattent sur la ville et sur son château quasiment sans interruption, du jour du débarquement le 6 juin à la libération de Caen le 9 juillet. Les bombardements des 6, 7, 8 et 12 juin, du 18 et du 22 juin sont particulièrement destructeurs. Ce qui reste debout, s'écroule lors des bombardements des 7 et 8 juillet 1944, où le château et ses abords sont littéralement encadrés par le pilonnage des bombardiers alliés. La garnison allemande s'était pourtant repliée.
Si la porte des Champs et la porte Saint Pierre ont un peu moins souffert, partout ailleurs c'est la désolation. Du château, il ne reste maintenant que des ruines.

Aujourd'hui, on peut encore visiter à l'intérieur du château la salle de l'Echiquier, que l'on doit à Henri Ier Beauclerc, fils de Guillaume. Cette salle servait d'apparat aux ducs normands qui avaient élus domicile dans ce château.
On peut aussi y voir le logis des gouverneurs (XVIIème et XVIIIème siècles) qui abrite désormais le musée de Normandie.
Sur la photo ci-dessous, l'entrée sud du château, avec une porte qui fut construite par les anglais en 1440 et refaite en 1804, et une maison d'habitation privée détruite pendant le débarquement allié en 1944.

 

Le château de Caen abritait également une chapelle, la chapelle Saint-Georges, toujours existante mais qui sert aujourd'hui de salle d'exposition.

 

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